Abdel Fattah al-Sissi a prêté serment, mardi, devant le Parlement pour son troisième mandat à la tête de l’Égypte, dans un contexte de graves tensions régionales et d’importantes difficultés économiques. L’ancien maréchal de 69 ans a remporté en décembre l’élection présidentielle avec 89,6 % des voix.

Et de trois. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prêté serment, mardi 2 avril, devant le Parlement pour son troisième mandat à la tête du plus peuplé des pays arabes, dans un contexte de graves tensions régionales et d’importantes difficultés économiques.

Au pouvoir depuis une décennie déjà, Abdel Fattah al-Sissi devrait rester à son poste jusqu’en 2030.

L’ancien maréchal de 69 ans a remporté en décembre l’élection présidentielle avec 89,6 % des voix, face à trois autres candidats peu connus du grand public – les adversaires de l’opposition ayant eux été écartés ou emprisonnés.

Ex-chef de l’armée et ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi avait orchestré en 2013, un an avant son accession à la présidence, la destitution de l’islamiste Mohamed Morsi, suite à des manifestations populaires massives.

Son mandat, qui débutera dès mercredi et pour une durée de six ans, est censé être le dernier conformément à la Constitution. Sauf si des amendements constitutionnels sont à nouveau décidés pour ouvrir la voie à une prolongation.

Selon les images de la cérémonie d’investiture organisée mardi et retransmise à la télévision étatique, Abdel Fattah al-Sissi a prononcé son serment devant les députés rassemblés au siège du Parlement, dans la nouvelle capitale administrative qu’il a érigée dans le désert à l’est du Caire.

Le chef de l’État avait remporté en 2014 sa première présidentielle, avant d’être réélu en 2018. Il avait remporté ces deux scrutins avec environ 97 % des voix.

« Je réitère mon engagement à achever le processus de construction de la Nation », a-t-il déclaré dans un discours prononcé mardi. « Mes yeux ne regardent qu’en direction de vos intérêts et les intérêts de ce pays ».

Nouvelle capitale

Abdel Fattah al-Sissi a également promis de poursuivre les réformes « pour réaliser les aspirations de la nation égyptienne, visant à construire un État moderne et démocratique ».

Grand allié des Occidentaux au Moyen-Orient, Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement épinglé par les ONG pour les milliers de détenus politiques ou des arrestations pour des écrits en ligne. Ses détracteurs fustigent la répression de toute opposition, fût-elle islamiste ou libérale.

Son investiture intervient alors que l’Égypte subit de plein fouet les répercussions géopolitiques de conflits régionaux se déroulant à ses frontières : à l’Est, la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza, au Sud la guerre civile qui déchire le Soudan.

L’Égypte, pays de 106 millions d’habitants dont un tiers vivent sous le seuil de pauvreté depuis bien avant la crise, est aussi en proie à de graves difficultés économiques, marquée par une inflation galopante (40 % en 2023), une pénurie de devises qui entrave les échanges commerciaux, et un effondrement de la livre égyptienne qui a perdu deux tiers de sa valeur.

Au premier trimestre 2024, l’Égypte a néanmoins bénéficié d’un afflux de plusieurs dizaines de milliards de dollars, dont 35 milliards des Émirats arabes unis et une rallonge de 5 milliards d’un prêt originel de 3 milliards du Fonds monétaire international.

Pour les partisans d’Abdel Fattah al-Sissi, cet afflux de devises étrangères devrait remettre l’économie à flot, mais les observateurs restent sceptiques quant à une amélioration sans réformes structurelles visant à réduire l’implication de l’État et de l’armée dans l’économie.

L’investiture de mardi marque aussi, selon des médias locaux, l’inauguration de la nouvelle capitale administrative, en construction depuis 2015 sous l’impulsion d’Abdel Fattah al-Sissi.

Le mégaprojet de 58 milliards de dollars est le joyau de la couronne illustrant l’ambitieuse et pharaonique politique de grands travaux lancée par le pouvoir égyptien.

Si des milliards ont été investis pour une modernisation des infrastructures, des observateurs pointent du doigt des dépenses massives qui ont fait exploser la dette du pays.

Au cour de la décennie écoulée, la dette étrangère a plus que triplé, jusqu’à atteindre les 165 milliards de dollars, selon des chiffres de la Banque centrale. Les réserves en devises étrangères sont elles à 35 milliards de dollars.

En Égypte, le président Abdel Fattah al-Sissi prête serment pour un troisième mandat (msn.com)

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