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«Littérature et musique» : Le Printemps du Livre et des Arts revient pour une 24e édition

Par: Narcis'KOUASSI
Publié le : 13 mai 2022

Les arts se questionnent, se répondent et s’influencent sans cesse. Partant de ces échanges constants, l’Institut français de Tanger a décidé, pour la 24e édition de son Printemps du Livre et des Arts, de mettre à l’honneur les liens qu’entretiennent littératures et musique.

«J’ai voulu faire entendre une certaine musicalité à travers la littérature et faire dialoguer les différentes formes d’art. Finalement, elles se regroupent toutes», déclarait l’écrivain marocain Abdellah Baïda à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage «L’Irrésistible appel de Mozart». Ce dialogue entre la littérature et la musique est précisément ce que l’Institut français de Rabat a voulu présenter pour la 24e édition du Printemps du Livre et des Arts de Tanger (PLAT), qui se tiendra au Palais des Institutions italiennes, du 19 au 21 mai prochain.

Présenté à l’Institut français de Casablanca par Olivier Galan, directeur délégué de l’Institut de Tanger et Tétouan, le Printemps du livre revient après deux années d’absence imposée par la pandémie de Covid-19, qui n’a pas pour autant mis en pause les idées et le travail de l’Institut, bien au contraire.

Si la rencontre de trois jours réunira des dizaines d’artistes, écrivains, musiciens ou chanteurs, autour de neuf tables rondes, d’une grande conférence, de spectacles, de signatures et de stands dédiés aux livres, l'organisation de cette édition du PLAT n’a commencé qu’en février dernier, à cause des nombreuses incertitudes liées à la pandémie. «Nous avions ça dans les cartons», confie Olivier Galan à Yabiladi, indiquant qu’une autre formule, plus courte avait été envisagée, mais que ce grand rassemblement a finalement été privilégié et que ses équipes sont à l'œuvre depuis lors pour la tenue de ce rendez-vous.

Le but de cette édition sera donc d'explorer cette interdépendance entre la littérature et la musique, et ces passages que font les écrivains à la musique, et les musiciens à la littérature. La musique est naturellement présente dans la littérature, a développé M. Galan, évoquant cette «structuration et musicalité de la phrase», propre et chère à certaines autrices et auteurs.

Des tables rondes autour du livre, de la musique et de leur place au Maroc

Pour son grand retour, le PLAT n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir une édition riche en diversité, en échanges et en générosité. En effet, on retrouve au programme neuf tables rondes qui rythmeront le Printemps pendant ses trois jours et qui conduiront les intervenants à creuser cette interdépendance entre le livre et la musique. Pour ces échanges, l’Institut français a convié à Tanger des intervenants de renom, venu du Maroc et d’ailleurs, d'horizons riches et variés.

On retrouvera ainsi, venus de France, des intervenants comme Philippe Beck, Jean-Michel Espitallier, Gilles Poussin Gardot, Christian Eudeline, ou encore Cali et Gilles Leroy, prix Goncourt 2007, dans des tables rondes comme «Poésie et musique : Dialogue entre poètes», «Musique et BD : La BD évoque le 6e art» ou «Littérature et musique : Des écrivains sous influence».

L’art littéraire et musical marocain sera bien évidemment aussi à l’honneur, fidèle à l’esprit du festival qui se veut être «un lieu de rencontres et de découverte», comme l’explique Olivier Galan. «La richesse des musiques du Maroc», «Tanger, carrefour d'influences littéraires et musicales : jazz, Gnawas et musique arabo andalouse», et «Les Nass el Ghiwane, les Rolling Stones du Maroc» seront discutés lors de tables rondes animées par des personnes comme le musicologue Ahmed Aydoun, le compositeur Ahmed Essyad, le musicien Omar Metioui, le professeur de littérature Abdelhaï Sadiq ou le chanteur de Nass el Ghiwane, Omar Sayed.

Part belle à la musique dans le PLAT 2022

Au-delà de ces échanges, le festival offrira également une grande conférence animée par Coline Houssais, chercheuse indépendante spécialisée sur l’histoire culturelle de l’immigration arabe en Europe ainsi que sur les musiques du monde arabe, sur le thème «Musiques du monde arabe : une anthologie en 100 artistes». Cette conférence sera l’occasion, au travers de 100 enregistrements, entre traditions et réinterprétations pop, de présenter les liens entre les artistes et les musiques du monde arabe, des Marocains jusqu’aux Kurdes.

Pour ponctuer l’évènement, une série de concerts seront donnés, avec des performances de Lisa Porteli, de Zeina Abirached, de 7MZ et Ausgang qui se partageront la scène, ou encore l’Ensemble Rawafid de musique Arabo-andalouse et Love and Revenge. Pour clore le festival, la Marocaine Noussayba Lahlou et Cali se retrouveront samedi soir sur la Grande scène du Palais des institutions italiennes.

Pour les enfants, une série d’ateliers musicaux et artistiques est prévue, tout comme des contes, spectacles et rencontres avec l’autrice jeunesse Geraldine Maincent et l’illustratrice Alice Dussutour qui présenteront leurs travaux et répondront aux questions que les enfants se posent sur les filles et les garons, ici et ailleurs.

L'art et le travail de Leila Alaoui

Parce que le Printemps du Livre et des Arts ne se limite pas à la musique et à la littérature, cette édition proposera également des expositions, notamment «Leila Alaoui, une traversée de l’œuvre» du 19 mai au 30 juin à la Galerie Delacroix de l’Institut français. Cette exposition revient sur le travail de Leila Alaoui, qui a perdu la vie tragiquement en 2016 dans une attaque terroriste à Ouagadougou lors d’un reportage pour Amnesty International.

Présentant des photos et vidéos que Leila Alaoui a pris de la vie des déshérités de Jordanie et du Maroc, de réfugiés syriens au Liban, de migrants qui risquent leurs vies dans la traversée des mers et des océans, le PLAT replace ainsi l’humain au centre des préoccupations.

L’exposition «Les Marocains» du 16 mai au 24 juin retracera, à la Galerie Cervantès, le travail de la jeune artiste, morte à seulement 33 ans, composé de trente portraits qui proviennent de milieux ruraux disséminés dans tout le Maroc, qui, selon ses propres mots, partent du «filtre de sa position intime en tant que femme marocaine dans le but de révéler la subjectivité des personnes représentées». (Yabiladi)

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