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Moses Simon, le Super Eagle nigérian devenu chouchou des Canaris nantais

Par: Narcis'KOUASSI
Publié le : 13 décembre 2021

Plus qu’un mois pour l’équipe du Nigeria avant la Coupe d’Afrique des nations (CAN), prévue du 9 janvier au 6 février 2022. Au Cameroun, les Super Eagles compteront beaucoup sur l’ailier du FC Nantes Moses Simon, actuel troisième meilleur passeur du championnat de France. Les Nantais l’aiment beaucoup, comme l’a constaté notre envoyé spécial au Stade de la Beaujoire, lors du match Nantes-Lens du 10 décembre 2021. 

À une heure du coup d’envoi, les supporters nantais les plus assidus se dirigent déjà vers les gradins après être passés par les nombreux stands de nourriture et boissons. C’est le cas d’Estelle et de Benjamin, abonnés et spontanés, quand on leur demande leurs deux joueurs préférés. « Ludovic Blas et Moses Simon », lance Estelle. « Moi aussi, je pourrais dire Blas et Simon, abonde Benjamin. Simon est dynamique, il est créatif, il met de la vitesse. Il arrive à apporter cette plus-value-là, à mettre un peu de profondeur, de jeu vers l’avant. C’est bien, c’est un bon élément. »

Moses Simon est également très apprécié aussi par Alexis, venu au stade avec son fils. « Moi, je suis agréablement surpris par son endurance, glisse-t-il. Il est capable de répéter des courses, des sprints à haute intensité jusqu’à la fin du match ».

« Un talent énorme qui dispose d’un potentiel extraordinaire »

Les Nantais sont séduits par ce petit gabarit d’1 mètre 68, né à Jos dans le centre du Nigeria et arrivé chez l’octuple champion de France en août 2019. L’une des légendes du club, Japhet N’Doram, ne pas fait pas exception. L’ancien buteur tchadien des Canaris, demi-finaliste de la Ligue des champions 1996, se déplace en grande partie pour le voir lui. « Je l’ai découvert depuis qu’il est au FC Nantes, explique N’Doram. Il a un talent énorme et dispose d’un potentiel extraordinaire. Quand je viens à la Beaujoire, c’est pour voir ce genre de joueurs parce qu’ils ont quelque chose en plus. Quand je le vois jouer, il me rappelle beaucoup de joueurs d’origine africaine ou qui ont grandi en Afrique. Il joue à l’instinct, il improvise, il s’adapte par rapport à l’adversaire, il est explosif ».

Mais ce vendredi soir, Japhet N’Doram ne le verra pas débuter la rencontre. Pour la première fois de la saison, le Nigérian de 26 ans n’est pas titulaire. Moses Simon marque le pas après avoir délivré 5 passes décisives et marqué 1 but lors des 8 premiers matches. « Ce qui fait nos qualités fait aussi nos défauts dans le dernier geste, explique Japhet N’Doram. Parce que pour nous, marquer des buts, en Afrique, ce n’est pas forcément quelque chose d’important. C’est plutôt le beau jeu qui compte. Il faut que Simon se rende compte qu’il est dans un monde professionnel, qu’il a la capacité de faire une passe décisive qui peut changer le cours d’un match ou bien marquer un but qui peut également changer le cours d’un match. Il peut devenir ainsi le joueur que je rêve de le voir devenir sur le plan international. »

Son nom résonne avec ferveur à la 70e minute, quand il entre en jeu face à Lens. Nantes vient alors d’égaliser après avoir été mené 2-0. Bouillant, le Stade de la Beaujoire l’attendait. Et il va s’embraser après une action étincelante de son petit feu follet nigérian à la 90e minute : débordement côté gauche, crochet pour repiquer dans l’axe, puis frappe dans la lucarne. Le Super Eagle s’envole pour célébrer son but. Un salto salvateur, après des semaines de doutes.

« Il a eu une réaction de grand champion »

Il en a connu d’autres avant, dans sa carrière, lui qui devait être militaire comme son père, mais qui a finalement intégré l’Académie GBS de Kaduna. S’ensuivent un essai infructueux à l’Ajax Amsterdam à 18 ans, puis la découverte de la 1ère division slovaque où il brille. Il scintille par intermittence ensuite à La Gantoise en Belgique et à Levante en Espagne. À Nantes, la flamme Simon s’est parfois éteinte avant de très vite se rallumer. Antoine Koumbouaré, son coach, confirme : « N’ayons pas peur des mots : Simon n’était pas bien dernièrement. Il est à l’image de l’équipe. Je voulais voir quelle réaction il allait avoir et il a eu une réaction de grand champion. Il aurait pu faire la tête, traîner les pieds… Il a dû peut-être être vexé. Mais l’important, c’est qu’il nous a apporté ce qu’on attendait de lui. »

Et ses coéquipiers comme Ludovic Blas le savent aussi : quand le Super Eagle est en forme, ça profite aussi aux Canaris. « On sait très bien qu’il est capable de débloquer des situations comme il a pu le faire ce soir, confirme le milieu de terrain. Le voir comme ça, rigoler, heureux après le match, nous rend tous contents pour lui. Je pense que ça va lui faire du bien et on a tous besoin de lui pour la fin de saison. »

Et pourtant, il faudra apprendre à faire sans. Moses Simon, titulaire habituel à Nantes, l’est aussi en équipe nationale. Attaquant, ailier ou latéral. À droite ou à gauche, le staff des Super Eagles ne compte pas s’en priver pour faire briller le Nigeria à la Coupe d’Afrique des nations en janvier. (rfi.fr)

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