Emmerson Mnangagwa, vice-président du Zimbabwe, démis de ses fonctions ce lundi 6 novembre 2017.

Emmerson Mnangagwa, vice-président du Zimbabwe, démis de ses fonctions ce lundi 6 novembre 2017.

Sans Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe, son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa est désormais la pièce-maîtresse du jeu. Il avait quitté le pays après son limogeage au début du mois « pour des raisons de sécurité », d’après ses déclarations. Il est désormais attendu dans la capitale Harare, ce 22 novembre.

Ce mercredi matin, environ 300 personnes étaient massées devant les grilles d’une base militaire du Zimbabwe pour accueillir Emmerson Mnangagwa. Cependant, pour des raisons de sécurité, l’homme qui s’est débarrassé de Robert Mugabe n’arrivera pas ici. Il se rendra directement au siège de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, dans le centre de la capitale Harare. La cérémonie d’investiture est ensuite annoncée pour le vendredi 24 novembre. Le président de l’Assemblée, Jacob Mudenda, qui assure la transition, l’a confirmé.

Dans la foule, on pouvait lire sur les pancartes « Welcome Simba », « Bienvenue au Lion ». « Je suis là pour lui apporter mon soutien, explique un homme de 50 ans. Il est la meilleure personne, la plus qualifiée pour changer ce pays ». « Oui, mais s’il n’apporte pas de changement on se débarrassera de lui, comme on l’a fait avec Robert Mugabe », ajoute sa voisine, une jeune femme.

Parmi la foule venue accueillir Emmerson Mnangagwa à l’aéroport, pas de militants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Le principal parti d’opposition n’a pas du tout l’intention de participer au comité d’accueil.

« Il ne nous appartient pas de décider qui sera le nouveau président, déclare Douglas Mwonzora, secrétaire général du MDC. En vertu de la Constitution, il revient à la Zanu-PF de le désigner. Nous ne sommes pas le parti au pouvoir. Nous ne soutenons personne de la Zanu-PF. Mais nous leur reconnaissons le droit de désigner le chef d’Etat et nous allons respecter monsieur Mnangagwa en tant que chef d’Etat. Mais nous serons ses opposants. Nous sommes le MDC, nous ne sommes pas la Zanu-PF. Nous attendons des élections libres et transparentes pour élire un président qui soit aimé du peuple. Monsieur Mnangagwa est au cœur du système depuis trente-sept ans. Mugabe n’a pas agi seul. Nous avons l’intention de vaincre en 2018. Oui, nous allons respecter monsieur Mnangagwa mais nous n’allons quand même pas aller à l’aéroport pour l’accueillir comme si c’était notre président ».

Quid de « camarade Bob » ?

Que va devenir Robert Mugabe en attendant ? L’ancien président ne s’est pas exprimé depuis son intervention à la télévision dimanche 19 novembre. Le président de l’Assemblée a lu sa lettre de démission deux jours plus tard, le 21 novembre. « Ma décision de démissionner est volontaire, y déclare-t-il. Elle est motivée par ma préoccupation pour le bien-être du peuple du Zimbabwe et mon souhait de permettre une transition en douceur, pacifique et non-violente qui assure la sécurité nationale, la paix et la stabilité ».

On dispose pour le moment de peu d’information sur son sort et celui de son épouse, Grace Mugabe, par qui sa chute est arrivée. De nouvelles réactions se sont entretemps fait entendre dans le monde après cette démission. Pékin a notamment rendu hommage à un « ami » de la Chine.

Les Etats-Unis voient quant à eux dans le départ du vieux chef de l’Etat « une opportunité historique » pour le pays de sortir de l’isolement et de changer de voie. Enfin, l’Union africaine (UA) s’est félicitée de cette démission. L’organisation continentale « reconnaît que le peuple zimbabwéen a exprimé le souhait d’un transfert de pouvoir pacifique de telle sorte que l’avenir démocratique du pays soit sauvegardé ».

KJ

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