Fabio Marouvin

MUSIQUE. Fabio Marouvin, Patrick Manent et Bibi Tanga se retrouvent pour des connections africaines où le maloya prend tous les chemins du monde, ou presque. Une seule date : vendredi à Saint-Leu.

En mars dernier, Lespas de Saint-Paul avait été trop petit pour ces trois-là. Alors vendredi, l’auditorium de Stella Matutina pourrait bien être à leur mesure. Ou plutôt à leur démesure car ensemble, Fabio Marouvin, Patrick Manent et Bibi Tanga ne se fixent guère de limites musicales.

Logique : le premier, à l’origine du projet, est un pianiste plutôt jazz, le deuxième est l’un des grands messagers du maloya et le troisième, Centrafricain basé à Paris, est du genre à pousser les murs, sur un registre dominé par le funk, dirons-nous pour simplifier.

Tout pour Patrick Manent

Du coup, sur l’affiche de cette « African Jazz Connection », Fabio Marouvin  C’est lui, pianiste réunionnais formé à Paris puis revenu au pays depuis dix ans, qui a lancé ce projet de « Connection ». D’abord avec son pote percussionniste Frédo Piot, « en invitant à chaque fois un artiste africain, tant nous avons de choses musicales à nous dire ». Ce fut donc une première fois Bibi Tanga au Botswana, puis Sory Diabaté à l’Opuspocus de Saint-Paul. Et de nouveau Bibi Tanga, donc, à l’occasion d’une résidence à Lespas en début d’année.

« Bibi, je le connais depuis que j’ai vingt ans. A Paris et ailleurs, nous avons beaucoup joué ensemble », raconte celui qui avait fait sa première scène avec Ti Fock époque « Donn doulèr » puis, hyperactif, qui a autant frayé dans la variété (Sinclair, Lâam…) que dans les clubs afro de Paris. « Maliens, Cap Verdiens, Sénégalais, j’ai trouvé là les vibrations qui me vont le mieux », sourit le Saint-Paulois, auteur d’un album sous son nom et d’une foule de compositions pour Alex Sorres, Zorro Chang, Yaelle Trulès… Mais dans cette « African Connection », le vrai zarboutan, c’est Patrick Manent, descendant du patriarche Gramoune Bébé, l’une des grandes voix du maloya. « Patrick, la première fois que je l’ai entendu et vu sur scène, j’ai compris : c’est mystique. Il porte le maloya depuis toujours, ses mots sont du vécu et ses mélodies, bon sang ses mélodies ! Il est venu une fois en impro dans un univers beaucoup plus afro et il est rentré dedans avec envie et générosité ».

« African Connection », c’est donc un écrin de choix pour porter le maloya de Patrick Manent. Lequel, du coup, quitte les voies classiques du ternaire pour déambuler dans les méandres jazz, funk et autres. Ce vendredi à Stella marque donc une étape de plus dans un long projet protéiforme. « J’aimerais qu’il se termine, peut-être l’année prochaine, par un album où chacun des artistes invités aurait une chanson », lance Fabio Marouvin. Il se pourrait fort qu’une séance ait bientôt lieu avec le sidérant guitariste malgache Joël Rabesolo. A suivre toutes oreilles ouvertes.

KJ

source: Clicanoo

Catégorie:

Cultures

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