L'opposant Moïse Katumbi escorté par ses partisans, alors qu'il se rendait au palais de justice, à Lubumbashi, le 11 mai 2016.

L’opposant Moïse Katumbi escorté par ses partisans, alors qu’il se rendait au palais de justice, à Lubumbashi, le 11 mai 2016.

L’opposition congolaise a finalement réagi en ordre dispersé à la publication du nouveau calendrier électoral, qui prévoit la présidentielle le 23 décembre 2018. Les différents partis tels que le Rassemblement, le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union pour la nation congolaise (UNC), avaient prévu de publier une déclaration commune. Après 48 heures de tergiversations, les formations politiques ont publié la même déclaration, mais dans trois communiqués différents.

Les termes des trois communiqués de l’opposition congolaise sont exactement les mêmes : rejet du calendrier proposé sur la base d’une même analyse, l’affirmation que des élections d’ici à juin 2018 sont possibles. Ce que disait aussi déjà la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Surtout, on y retrouve cette référence au départ impératif du président Joseph Kabila le 31 décembre 2017, à la fin de l’année, avant même les élections. Le tout assorti d’un appel au peuple à se mobiliser pour « libérer le processus électoral sur la base de l’article 64 de la Constitution ».

Des querelles de personnes plus que de fond expliquent ces trois communiqués différents. Certains au sein du Rassemblement rejetaient la signature de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et l’accusaient par exemple de refuser de demander le départ du président Joseph Kabila d’ici à la fin de l’année.

D’autres n’avaient pas apprécié les propos de Fidèle Babala Wandu du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) sur une radio privée ce week-end. D’autres encore du côté du MLC et de l’UNC reprochaient à Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, en réunion à Bruxelles, de trainer les pieds. Ces trois formations politiques semblent être capables de s’accorder sur le fond, mais pas pour faire une conférence de presse ou apposer leur signature côte à côté.

« Photo de famille » controversée avec Kabila

Une autre affaire agite les milieux politiques comme la Toile congolaise ce matin : la présence du vice-président de la Commission électorale (Céni) aux côtés du président Kabila sur une réunion de famille de la majorité. Le chef de l’Etat réunissait ce 7 novembre le bureau politique de son mouvement, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dans sa ferme à Kingakati.

Le président de la ligue des jeunes assurait en sortant que cette réunion devrait mettre un terme au débat sur la volonté ou non de Joseph Kabila de tenir les élections puisqu’il leur avait demandé de les gagner. Mais cette photo de famille a jeté un trouble.

Le vice-président de la commission électorale est issu de la majorité présidentielle. Pour le porte-parole du gouvernement et membre du bureau politique, Lambert Mendé, aucune loi n’interdit à un membre de la Céni de rencontrer sa famille politique.

Selon un expert électoral, cette rencontre est quand même contraire à la loi organique qui régit la Céni, qui insiste sur le devoir de réserve et sur l’indépendance des délégués de la Commission électorale par rapport aux forces politiques qui les ont désignés. Ils doivent par exemple jurer sur la Constitution de n’exercer aucune activité susceptible de nuire à l’indépendance de la Commission, ou de garder le secret de leurs délibérations.

KJ

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