Des policiers sécurisent la place de l'Opéra près de la salle de concert de l'Olympia, samedi 15 juillet.

Des policiers sécurisent la place de l’Opéra près de la salle de concert de l’Olympia, samedi 15 juillet.

Prévu samedi soir à Paris, le concert du Congolais Héritier Watanabe, considéré par certains comme un soutien du pouvoir, a été annulé après une manifestation d’opposants au régime du président Kabila. Trois personnes ont été interpellées.

La préfecture de police de Paris a interdit un concert de l’artiste congolais Héritier Watanabe prévu samedi 15 juillet dans la salle de l’Olympia après des débordements d’opposants au régime du président Joseph Kabila près des lieux du spectacle. Au moins trois personnes ont été interpellées. Les « investigations se poursuivront pour identifier les auteurs de violences », a ajouté la police.

La direction de la salle de spectacle parisienne avait demandé l’annulation du concert face aux menaces « proférées dans un contexte politique complexe en RDC », selon l’une de ses avocates, Céline Astolfe.

« Par des tracts, des mails, des messages sur les réseaux sociaux et des menaces téléphoniques quotidiennes, des actions d’une extrême violence avaient été annoncées aux abords et dans la salle de spectacle », ont souligné dans un communiqué en fin de journée les avocats de l’Olympia.

Peu après 18 h, quelque 200 personnes opposées au concert d’Héritier Watanabe et rassemblées au carrefour devant l’Opéra se réjouissaient de l’interdiction du concert, en levant un poing serré ou faisant un V de la victoire.

« Parce que les gens meurent là-bas au Congo, nous on ne veut pas danser et chanter », a témoigné Lena, 35 ans, interrogée par l’AFP, déambulant avec une photo plastifiée d’un cadavre pour dénoncer le régime Kabila.

Un concert avait déjà été interdit le 22 juin à la Cigale, une autre salle de concert parisienne, pour un autre artiste congolais, Fally Ipupa, après des menaces similaires, ont-ils rappelé.

Plusieurs artistes comme Hériter Watanabe sont régulièrement visés par les opposants de la diaspora congolaise, notamment en Europe, qui leur reprochent d’avoir chanté pour le président Joseph Kabila lors des campagnes présidentielles de 2006 et de 2011.

Joseph Kabila est au pouvoir en RDC depuis 2001. Alors que son mandat est arrivé à échéance le 20 décembre et que la Constitution lui interdit de se représenter, il se maintient à la tête du pays en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle.

Avec AFP

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