Des manifestants défilent à Niamey contre la loi des finances 2018, fin décembre 2017. (Illustration)

Des manifestants défilent à Niamey contre la loi des finances 2018, fin décembre 2017. (Illustration)

Pour la seconde fois, les autorités de Niamey ont interdit ce dimanche une manifestation de la société civile pour des raisons de sécurité. Très tôt, la police s’est déployée sur tous les endroits stratégiques de la capitale nigérienne où devaient passer les manifestants. Mais en l’absence des leaders emprisonnés, les organisateurs ont dû renoncer à la manifestation.

Deux semaines après les violentes manifestations qui se sont soldées par l’emprisonnement de 22 personnes, la société civile est à nouveau interdite de manifester à Niamey. « Les organisations signataires de cette manifestation du 8 ont jugé utile de sursoir dans la mesure où cette question de certaines mesures que nous jugeons antisociale font l’unanimité au niveau des acteurs », témoigne un membre de la société civile.

A l’intérieur du pays, seule la ville d’Agadez a autorisé une marche et un meeting. A Zinder, les organisateurs de la société civile se sont contentés d’une prière collective, ce qui fait dire à ce militant de la société civile, que le gouvernement doit revoir sa copie : « Le gouvernement se doit quand même de délier son vin et de créer des conditions pour qu’il y ait une négociation de libérer d’abord ceux qui sont détenus et qu’il y ait une négociation avec ces acteurs de la société civile. Qu’il soit au gouvernement ou de la société civile, tout le monde a besoin que ce pays prospère ».

Pour ce responsable du Réseau Education et citoyenneté, il faut créer les conditions d’une vraie recherche de solution dans ce bras de fer : « La société civile doit créer une situation pour qu’elle puisse se faire entendre par le gouvernement. Il est tout à fait normal dans un régime démocratique que des gens contestent un certain nombre de situations. Mais on ne peut pas contester, il faut créer des conditions pour dialoguer ».

Les leaders de la société civile sont toujours sur mandat de dépôt en attendant leur jugement.

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