BOB MARLEY

BOB MARLEY

Bob Marley est mort à 36 ans, il y a 36 ans de cela. On ne se souvient probablement pas tous dans quelle condition il est décédé, tellement il y a longtemps.

Cependant, on a tous en tête au moins un de ses titres. On s’étonne aussi qu’aujourd’hui encore, on continue de jouer ses oeuvres dans les maquis, des bistrots tenus par des discjockeys (écrivons dj pour que les jeunes se retrouvent) nés après la mort de roi du reggae.

Qu’est-ce qui fait la longévité des oeuvres de Bob Marley ? Son génie ? Nous n’en doutons pas. Mais de son époque à aujourd’hui, le mari de Rita a-t-il été le seul génie ? Certainement pas. La profondeur de ses compositions ? On ne peut pas en douter non plus. Mais a-t-il été le seul auteur à toucher de près les problèmes des masses ? Difficile de dire oui.

Une autre certitude, une bonne partie des amoureux de sa musique ne comprennent rien à ses chansons. Il y a ceux qui ne comprennent pas du tout l’anglais comme mes amis d’Adjamé Bromakoté qui, pourtant, l’adorent. Il y a ceux qui ont un niveau d’anglais acceptable mais pas un niveau de culture suffisant pour comprendre certaines réalités chantées par Bob. Quand il dit, par exemple, « Old pirates, yes they rob I » dans Redemption Song, il faut savoir qu’au moment de la composition du morceau, il y avait une polémique sur la culpabilité des Noirs pour leur participation à l’esclavage. De plus en plus de personnes soutenaient que les Noirs sont tout aussi responsables de l’esclavage que les Blancs parce qu’ils ont vendu leurs frères. Bob Marley, énervé par cette position, a comme voulu trancher. Pour lui, les Blancs ont volé les esclaves. D’où « De vieux pirates, oui m’ont volé ».

Les fans de Marley donc ne comprennent pas tous ses morceaux pour qu’on puisse mettre son éternelle renommée sur la qualité de ses textes. A mon avis, la particularité de Bob, c’est d’avoir bossé, bien bossé toute sa vie et avec les mêmes musiciens. Ceux qui, aujourd’hui, se réclament de lui n’ont pas bien observé sa vie.

Certes, il fumait de l’herbe, mais ce n’est pas ce qui a fait sa force. Fumer du « gandja » et se sentir fier d’être adepte de Marley, c’est qu’on n’a compris que le côté anecdotique du roi du reggae. Nos artistes qui composent un morceau une fois l’an, qui ne répètent,que quand ils ont un spectacle ou doivent entrer en studio doivent savoir que Marley répétait, en moyenne, dix heures par jour. Tous les jours, sauf dimanche. Ils doivent aussi savoir qu’il a gardé les mêmes musiciens. Un moment donné,des  personnes qui travaillent ensemble ont le même réflexe et s’entendent mieux. C’était un bon chef d’entreprise. Il a su rémunérer tout le monde correctement.

KJ

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