Les rails d'une ligne de chemin de fer à côté de Bamako, au Mali.

Les rails d’une ligne de chemin de fer à côté de Bamako, au Mali.

Au Mali, le potentiel économique du chemin de fer est largement sous exploité. La ligne de train reliant Bamako à Dakar fonctionne au ralenti et seulement pour transporter des marchandises, sur des rails usagés et abimés. L’Etat rechigne à mettre la main à la poche pour rénover l’infrastructure. Et pourtant ce secteur pourrait rapporter des milliards de francs CFA. C’est l’estimation à laquelle parviennent les cheminots du Mali en extrapolant les maigres recettes actuelles.

« Là on est aux ateliers centraux. Dans ces ateliers, on effectue la réparation et l’entretien des locomotives. Dans le temps, c’était bourré d’agents ici. On était plus de 300, mais actuellement on ne dépasse pas les 80 ! »

Souleymane Diarra, qui regarde d’un air las une élégante locomotive jaune et verte, a 34 ans de service dans ces ateliers. Une Indienne, dit-il, arrivée à Bamako en 2010, mais tombée en panne rapidement. Et vu la morosité du secteur, personne ne se bat pour chercher les pièces de rechange.

Le chemin de fer malien n’est plus que l’ombre de lui-même car l’Etat ne veut pas se lancer dans des investissements colossaux de rénovation. Joseph Gabriel Sambou, l’administrateur de la ligne Dakar-Bamako ferroviaire, nous dit que « pour faire une réhabilitation, on aurait besoin d’environ un million d’euros par kilomètre et la voie fait au total 1233 kilomètres ». Plus d’un milliard d’euros sont donc nécessaires pour refaire à neuf ce corridor Dakar-Bamako, qui ne fonctionne pour l’heure qu’au ralenti.

« Pour la petite histoire, les trains ont une vitesse moyenne de 20km/heure, pour une ligne [où ils devraient faire] entre 60 et 80km/heure. », conclut Joseph Gabriel Sambou. Conséquence, les entreprises se détournent du chemin de fer. Seulement 10 000 tonnes de fret sont transportées par mois pour un montant de 250 millions d’euros. Un chiffre qu’il faudrait tripler pour être à l’équilibre financier.

Ce n’est pas sans conséquence sur la vie économique locale, comme l’explique Ismaïla Alpha Diaon, qui travaille à Dakar Bamako Ferroviaire. « Il y a effectivement une forme de précarité qui s’installe. Certaines villes, certains villages sont étouffés parce que c’était la voie par laquelle ils pouvaient recevoir et envoyer les vivres et un certain nombre de denrées vitales. Donc ça a un impact économique, macro-économique. »

Pour essayer de relancer ce secteur, les jeunes cheminots du Mali montent une association. Une manière de faire pression sur le gouvernement et de promouvoir le secteur.

KJ

Catégorie:

Economie-Africaine

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