Portable à la main, des Libanais regardent l'interview de leur Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, qui se trouve en Arabie saoudite depuis une semaine. Beyrouth, le 12 novembre 2017.

Portable à la main, des Libanais regardent l’interview de leur Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, qui se trouve en Arabie saoudite depuis une semaine. Beyrouth, le 12 novembre 2017.

Après avoir présenté à la surprise générale sa démission à partir de Riyad, le 4 novembre dernier, le chef du gouvernement libanais Saad Hariri a suscité un vaste mouvement de solidarité, qui s’est exprimé aussi sur les réseaux sociaux. Les internautes réagissent aux informations selon lesquelles leur Premier ministre serait assigné dans une résidence surveillée en Arabie saoudite.

Correspondant à Beyrouth,

L’affaire Hariri a provoqué un remous sans précédent sur les réseaux sociaux au Liban, qui jouent un rôle de premier plan dans la mobilisation pour exiger le retour du chef du gouvernement. Une fois n’est pas coutume, la classe politique et la population se sont montrées sur la même longueur d’onde. De nombreux hashtags en arabe, en anglais et en français, sont apparus sur la Toile, comme « Saad prisonnier » ou « Libérez mon Premier ministre ». Ces mots-clés ont été partagés des dizaines de milliers de fois.

La majorité des Libanais se sont placés au-dessus des affiliations partisanes, estimant que l’humiliation infligée à leur Premier ministre constituait une atteinte à leur souveraineté nationale. Des milliers de commentaires appelant au retour du Premier ministre ou dénonçant l’attitude des autorités saoudiennes dans cette affaire ont circulé, et des centaines d’articles de la presse internationale ont été partagés. Cette dernière semaine, les Libanais n’ont jamais été autant connectés. Les partisans de l’Arabie saoudite étaient invisibles, submergés par le flot de commentaires et de hashtags pro-Hariri.

Depuis Riyad, Saad Hariri s’est exprimé dimanche 12 novembre pour la première fois depuis une semaine, lors d’une interview télévisée. L’impression qui est ressortie de l’observation de sa communication gestuelle, des commentaires et des postes sur Facebook et Twitter a conforté une majorité de Libanais dans leur conviction que le Premier ministre n’est pas libre de ses mouvements. Le hashtag « Nous n’abandonnons pas nos otages dans les prisons », qui est un slogan du Hezbollah, a continué à circuler.

On a aussi vu de nouveaux mots-clés, comme « Pitié et compassion », une allusion à la mine fatiguée et à la larme versée par Saad Hariri lors de son interview. Malgré la gravité du moment, les Libanais, toujours prompts à utiliser n’importe quel événement pour inventer des blagues, ne se départissent pas de leur sens de l’humeur. Certaines sont fines, d’autres déplacées, comme cette image d’un troupeau de chameaux accompagnés d’un commentaire dégradant : formation d’un bouchon sur la route de l’aéroport après le rappel par l’Arabie saoudite de ses ressortissants.

Toutefois, d’autres créations ont une certaine valeur esthétique, comme cette photo où l’on voit le président de la République libanaise Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri, le chef du Parlement Nabih Berry et Mohammad Raad, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, en uniformes et casques militaires avec le commentaire suivant : « Il faut sauver le soldat Saad », en allusion au film de Steven Spielberg Saving Private Ryan, de 1998.

 KJ

 

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