Le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump, le 13 juillet 2017 à l'hôtel des Invalides, à Paris.

Le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump, le 13 juillet 2017 à l’hôtel des Invalides, à Paris.

Donald Trump sera aux côtés d’Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées pour le défilé militaire du 14-Juillet ce vendredi. Les présidents américain et français ont eu des différends publics récemment, mais leurs deux pays n’en sont pas moins alliés depuis longtemps, et partagent des intérêts stratégiques communs depuis au moins 100 ans. En fait, depuis la Première Guerre mondiale.

Correspondant à New York, 

Quand il évoque un fait historique, le président Trump juge souvent bon d’indiquer que « peu de gens le savent », et l’on a parfois l’impression qu’il découvre lui-même ce qu’il est en train de lire.

Jeudi à Paris, il a ainsi fièrement prodigué une leçon pourtant bien connue : la France est « le plus vieil allié » des Etats-Unis grâce au marquis de La Fayette, venu appuyer les Américains durant leur guerre d’indépendance.

Donald Trump a surtout rappelé, jeudi en conférence de presse, que c’est en 1917, à l’entrée dans la Première Guerre mondiale des Etats-Unis aux côtés de la Triple Alliance – et donc de la France -, que se scelle réellement une relation militaire forte entre les deux pays. Une relation qui perdure donc depuis 100 ans.

La Grande Guerre, secondaire dans l’imaginaire américain

L’engagement des Américains dans la Grande Guerre avait été décisif pour défaire l’Allemagne. Mais malgré l’importance historique de cet engagement, Donald Trump a raison : il s’agit d’un événement peu connu aux Etats-Unis. Et même peu célébré, paradoxalement.

Il y a peu d’enseignements à l’école, et les experts disent que les origines du conflit sont complexes et lointaines. Etonnant lorsque l’on se souvient que les 26 000 morts de l’offensive de Meuse-Argonne représentent toujours la plus grande perte de l’histoire de l’armée américaine.

Mais qu’à cela ne tienne, le 6 avril dernier, pour la date anniversaire exacte du vote par le Congrès américain de l’entrée en guerre du pays, les commémorations ont été plutôt discrètes. D’ailleurs, ni Donald Trump, ni son vice-président, n’y ont participé. Ils avaient pourtant été invités.

Ces célébrations ne se tenaient pas à Washington, mais à Kansas City, ville du Missouri. C’est là qu’est installé le mémorial américain de la Première Guerre mondiale. Un très beau monument, inauguré en 1926 grâce à la volonté de quelques fortunes locales.

Mais cela n’a pas la même visibilité que le National Mall de Washington, qui abrite les mémoires de la Deuxième Guerre mondiale, de la guerre du Vietnam ou la guerre de Corée (année 1950), autre conflit très peu considéré aux Etats-Unis.

Le National World War I Museum and Memorial de Kansas City, en 2014.National WWI Museum / Public domain

Aux origines de l’armée moderne des Etats-Unis d’Amérique

Une commission travaille actuellement à la création d’un mémorial de la Première Guerre mondiale dans la capitale américaine, mais il n’y a pas encore de projet concret. C’est pourtant à cette occasion, on peut le dire, que naît l’armée américaine moderne.

Quand débute le conflit en Europe, en 1914, les troupes des Etats-Unis sont constituées de seulement 75 000 hommes. En 1917, à l’entrée en guerre, elles sont déjà 200 000.

Puis, grâce à une mobilisation spectaculaire, ils sont au moins 4 millions d’Américains sous les drapeaux à la fin du conflit, dont la moitié en Europe, et 1 million à avoir pris part aux combats. Aujourd’hui, il y a environ 500 000 soldats dans l’US Army.

Le début de la culture américaine partout dans le monde

Conséquence de ce conflit : la place grandissante sur la scène internationale des Etats-Unis, qui s’imposent alors comme une incontestable superpuissance mondiale. Les historiens notent que cette entrée en guerre en 1917 a aussi été un ciment pour le pays et ses idéaux.

Les principes démocratiques des pères fondateurs américains ont été invoqués pour justifier l’entrée dans le conflit, et la conscription massive a permis l’intégration de nombreux immigrés, renforçant le sentiment national de tous, même si la lutte pour les droits civiques a encore été longue.

Désormais, le musée national de Kansas City essaye d’intéresser le public. Les exploits des aviateurs américains sont valorisés, les innovations technologiques et logistiques sont rappelées (lire notre article sur les poilus de Harlem).

Tout comme le fait que l’arrivée de ces millions d’Américains sur le sol français a permis la diffusion de leur culture, symbolisée par la découverte en Europe du chewing-gum.

Peter Ferrara : « Il fait du très bon travail en voulant asseoir une domination de l’Occident »

Malgré des hauts et des bas comme, ces derniers temps, sur la guerre en Irak ou la stratégie à adopter en Syrie ; malgré les critiques de M. Trump envers la France, il est donc logique de voir le président américain assister, cette année, au défilé du 14-Juillet.

Pour Peter Ferrara, ancien de l’administration Reagan dans les années 1980, il était même inconcevable que le président américain ne réponde pas favorablement à l’invitation de son homologue français.

« C’est une très belle opportunités pour les deux de s’afficher ensemble, remarque-t-il. Cela illustre directement la position que Trump veut montrer au monde, et je crois qu’il fait du très bon travail en voulant asseoir une domination de l’Occident. »

Selon M. Ferrara, Donald Trump « a une politique étrangère agressive, il s’impose. Historiquement, les Etats-Unis ne restent pas dans l’ombre. Et je pense qu’avec Macron, la France est en adéquation avec la conception de Trump de défense des valeurs de la civilisation occidentale. » G.P.

KJ

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