Conakry, 21 décembre 2010: l'ex- président Sékouba Konaté (en tenue de combat) s'entretient avec le général Nouhou Thiam, son chef détat-major, démis de ses fonctions après les élections de novembre. Le général Thiam comparaît ce lundi.

Conakry, 21 décembre 2010: l’ex- président Sékouba Konaté (en tenue de combat) s’entretient avec le général Nouhou Thiam, son chef détat-major, démis de ses fonctions après les élections de novembre. Le général Thiam comparaît ce lundi.

Il y a sept ans,  le cortège du président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, était caillassé. Une vingtaine de personnes avaient été ensuite arbitrairement arrêtées, détenues et torturées dans la cour de la gendarmerie de l’escadron mobile d’Hamdallaye, en banlieue de Conakry. Pour ces actes de torture, des militaires devraient comparaître devant la cour criminelle du tribunal de première instance de Dixinn, dans la proche banlieue à Conarky  à partir de ce lundi 13 novembre.

C’est la première fois en Guinée que des militaires comparaissent devant une cour d’assises pour des cas de torture. Il s’agit notamment de l’ancien chef d’état-major des armées, Nouhou Thiam et de l’ancien gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara.

Pour Florent Geel, directeur afrique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), c’est un procès très symbolique qui s’ouvre ce lundi.

Il nous rappelle les faits. «  Le 22 octobre 2010, le cortège présidentiel du président de la transition, Sékouba Konaté, est caillassé au carrefour d’Hamdallaye. Une heure plus tard, la garde présidentielle revient sur les lieux et rafle une vingtaine de personnes, les personnes sont amenées à la gendarmerie et durement torturées, tabassées pratiquement à mort. Ils seront ensuite d’ailleurs transférés dans un autre lieu où ils continueront à être maltraités.

Parmi les victimes on compte également monsieur Aliou Barry qui était président à l’époque d’un organe officiel de défense des droits de l’Homme. Lui, il s’est même fait casser la jambe  ».

Un premier pas dans la lutte contre l’impunité

«   Donc, on voit bien également les pratiques de la violence politique en Guinée, où, quand on porte un uniforme on peut tout se permettre.

Ce procès démontre que tout n’est plus possible en Guinée. Et c’est un premier pas pour la lutte contre l’impunité extrêmement symbolique, puisqu’aucun militaire jusqu’à présent n’a répondu pour des atteintes graves aux droits humains, tels que ces cas de torture ».

KJ

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